Critique par Mathieu Schneider

Op. 13, 27/2, 57... trois numéros fétiches dans ce qui est devenu le Testament beethovénien. En clair : la Pathétique, la Clair de Lune et l'Appassionata, magistralement interprétées hier soir par Noriko Yamazaki à l'Eglise Saint-Pierre-le-Vieux de Strasbourg.

Un merveilleux hommage à Beethoven, dont on célèbre les 250 ans de sa naissance, avec un concert en crescendo : une Pathétique parfois encore timide, notamment dans le second thème du premier mouvement qu'on aurait aimé plus martelé, mais déjà d'un immense lyrique dans le mouvement lent. Une Clair de Lune rêveuse, qui nous a presque transportés en Suisse, comme se l'imaginait Rellstab, et un rondo final endiablé. Enfin - apothéose de la soirée - une Appassionata envoûtante, jouant avec les thèmes, contrastée, tourbillonnante. Le Blüthner de la fin du 19e siècle sur lequel elle jouait, à la mécanique très souple, avait dans le grave d'incroyables sonorités de pianoforte.

Un magnifique moment de spiritualité, qui fait si cruellement défaut dans le monde d'aujourd'hui. Bravo à Noriko !